Stations de sports d’hiver – Urbanisme et Architecture

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La montagne, la neige, quand on les regarde on pense que tout a été apprivoisé ou presque. Qu’aujourd’hui il n’y a nulle part de la véritable nature. Alors, qu’il est intéressant de se replonger en arrière et de découvrir l’histoire de nos stations de sports d’hiver pour comprendre pourquoi elles sont là aujourd’hui et comme telles !
Pour comprendre comment 6 stations de sports d’hiver en Rhône-Alpes ont été pensées et créées de toutes pièces par des architectes bâtisseurs il suffit d’ouvrir le livre documentaire Stations de sports d’hiver – Urbanisme & Architecture. Il nous apprend bien des choses sur Courchevel, Megève, Flaine, les Arcs, Avoriaz, les Karellis.

Évidemment, l’urbanisme est mon métier et je suis de plus en plus passionnée par la montagne donc tout me parle dans cet ouvrage. Pour vous, ce livre est formidable si vous aimez l’histoire, l’architecture, la montagne et le ski. Je dirais qu’il faut avoir une petite culture et le lexique de l’architecture et de la construction en tête pour comprendre certains passages. (exemple si vous ne connaissez pas l’école du Bauhaus ça ne vous parlera pas quand vous lirez que Flaine a suivi ce modèle, même si en voyant les photos vous allez comprendre ce que c’est cette fameuse école allemande). Mais franchement si vous n’y connaissez rien, ce sera l’occasion d’apprendre de nouvelles choses. Car véritablement nous en apprenons beaucoup aux travers de ces 272 pages divisées en plusieurs parties.

La première partie « de la neige glissée à la station de sports d’hiver » est consacrée à l’histoire des sports d’hiver : l’invention du ski, des remontées mécaniques et au développement des stations. Là on comprend pourquoi des stations se sont créées. On se dit qu’aujourd’hui ce n’est plus possible. Aujourd’hui on va améliorer les rues, les bâtiments, les transports, les espaces publics, construire en continuité mais jamais on ne pourra créer une station de sports d’hiver de toutes pièces comme l’ont fait certains architectes dans les années 60.

La seconde partie du livre « visite en images » permet de mettre en images le texte. Les documents sont hypers intéressants, le texte l’est évidemment mais ce livre est complet grâce avec des photos, des croquis, des coupes, des plans, des dessins d’architecte qui permettent d’illustrer le récit. On apprend à observer les détails. A la moitié du livre, avec une photo d’un bout de bâtiment on arrive à reconnaître quelle est la station qui est photographiée.

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Dans les 6 stations de sports d’hiver on comprend que tout a été pensé : les pistes de ski et les remontées mécaniques qui convergent vers un seul lieu en bas de la station appelée grenouillère. L. Chappis est l’architecte-urbaniste à avoir pensé ce système de grenouillère et autour d’implantation des constructions pour faire des stations « skis aux pieds ». Car en bas et autour des points de départ des remontées les chalets, les résidences de vacances, les colonies vont s’implanter. Pour accéder à la station les routes sont également tracées ainsi que des parkings ; certains seront privilégiés aux portes de la station pour en faire des stations piétonnes comme à Avoriaz.
Pour passer un bon séjour et parce qu’il y a une vie après le ski on a construit également des espaces et lieux publics (piscine, patinoire, palais du festival, salles de spectacles…). Des commerces et galeries marchandes vont s’implanter au rez-de-chaussée des résidences, des lieux de cultes, des bâtiments communaux (école pour garantir aux saisonniers de rester à l’année et faire les 2 saisons, annexe mairie), la poste et des offices de tourisme.

Si vous allez au ski ou si vous y êtes là pour les vacances, vous verrez que toutes les stations sont conçues sur ce même schéma. Seule l’architecture des bâtiments va être pensée différemment selon les stations et selon les architectes.
Au début ce qu’il importait était l’apport d’électricité et de chauffage qui au début des années 60 n’était pas anodin. C’est d’ailleurs pour cela que des petites centrales électriques sont présentes en station. Les résidences et chalets sont représentatifs de la personnalité de l’architecte, de l’influence de l’époque et des matériaux.  Par exemple la façade-toiture inventée à Avoriaz ; à Courchevel on trouvera beaucoup de chalet avec un toit à un pan. Le bois est évidemment un des matériaux les plus présents hormis à Flaine où le béton armé est privilégié.

Les plans de conception intérieure des appartements et studios tout-équipés sont également présentés dans cet ouvrage. L’intérieur est tout autant important que l’extérieur. Les logements pour les saisonniers ont été pris en compte dès le départ de la création des stations mais peut-être pas à juste valeur et en fait une question d’actualité.

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Pour résumer, cet ouvrage est hyper intéressant et même si on n’a pas envie de lire le texte, on peut s’intéresser à l’urbanisme de ces stations rien qu’en regardant les magnifiques photos et documents d’archives. Les auteurs sont un collectif regroupant des architectes, des employés de l’inventaire du patrimoine de la région Rhône-Alpes et malheureusement j’avais un peu l’impression de lire une petite thèse. Il y a beaucoup de  redondances dans le texte (mêmes phrases à quelques lignes d’intervalles, c’est bof bof). Ça rentre mieux dans la tête on va dire ! Mais concrètement c’est un très bel ouvrage que je considérerais comme un véritable objet livre tellement il est beau, intéressant et qu’on a envie de l’avoir sur ces rayons de bibliothèque.
Découvrir la station d’Avoriaz m’a intéressé largement car c’est près de chez moi. Flaine, je trouve cela affreux mais c’est typique de l’école d’architecture du Bauhaus donc les deux architectes ont suivi un courant qui aujourd’hui on aurait préféré qu’il n’ait pas existé.
Il a été aussi intéressant de lire que la montagne aujourd’hui est de plus en plus un lieu de résidence principale. Et je le confirme car je le vois tous les jours avec mon travail. De plus en plus de chalet sont construits pour y vivre à l’année ; on est assez proche des villes, il y a la tranquillité de la montagne telle que pourrait l’être la « campagne » ou la périphérie des villes.

Les références : Stations de sports d’hiver urbanisme & architecture en Rhône-Alpes, Inventaire du Patrimoine, Région Rhône-Alpes, Editions lieux dits, 272 p. Vous pouvez le feuilletez sur le site de l’éditeur.

Et vous, êtes-vous intéressés par l’architecture de montagne et/ou des stations de sports d’hiver ?

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